Ce vendredi 18 février se tenait la conférence nationale des métiers de l’accompagnement social et médico-social.

Après plusieurs journées de mobilisation des travailleuses et travailleurs sociaux-ales et alors que le constat est unanime quant à la dégradation des conditions de travail et à la perte d’attractivité de la filière sociale, les annonces du gouvernement étaient fortement attendues par l’ensemble des professionnel-les du travail social. La FSU a interpellé à plusieurs reprises le gouvernement sur l’urgence à revaloriser les rémunérations d’une filière très majoritairement féminine, et à investir massivement pour les services publics de l’action sociale particulièrement sollicités dans la période.

 

Si la FSU acte positivement la prise de conscience qui, bien que tardive, semble s’opérer sur l’urgence de la situation, les annonces du premier ministre n’en restent pas moins insuffisantes et particulièrement floues. L’extension des revalorisations salariales accordées dans le cadre du Ségur de la santé est un début mais son périmètre d’application laisse craindre que, de nouveau, des agent-es en restent exclu-es notamment dans la fonction publique d’Etat. En outre, il est indispensable de ne pas rester au milieu du gué : c’est bien par une revalorisation des grilles indiciaires de toute la filière sociale qu’il sera envisageable de renverser la dynamique actuelle de difficultés de recrutement, tout en apportant enfin la reconnaissance légitime attendue par ces professionnel-les essentiel-les.

 

La FSU alerte également sur le retour du serpent de mer quant à une réarchitecture des diplômes : en moins de 20 ans, ce ne sont pas moins de trois réformes des diplômes qui ont déjà eu lieu. Ce n’est pas d’une énième refonte des diplômes dont le secteur a besoin mais d’être considéré en se voyant attribuer les moyens nécessaires pour mener à bien ses missions, notamment dans la formation des futur-es travailleuses et travailleurs sociaux-ales et par la prise en compte de l’expertise des travailleuses et travailleurs sociaux-ales de terrain dans la définition des politiques sociales.

 

La FSU alerte depuis plusieurs années sur le risque de voir une désaffection pour le secteur social, dans toutes ses composantes, avec toutes les difficultés que cela entraîne. A l’heure où ces alertes sont entendues trop tardivement pour empêcher les nombreux départs, il est urgent enfin d’entendre les revendications des personnels sociaux. Pour la FSU, il est indispensable que l’extension du Ségur de la santé concerne l’ensemble des travailleuses et travailleurs sociaux-ales, y compris dans la fonction publique, que des négociations sur la revalorisation des grilles indiciaires s’ouvrent dès maintenant et que des postes statutaires soient créés pour faire face aux besoins de la population.

 

 

Les Lilas le 21 février 2022