En cette veille de rentrée, le ministère de l’EN a choisi de communiquer largement sur une note statistique prenant comme indicateur principal le salaire net moyen des enseignant·es en 2024. Mettre en avant cet indicateur permet de présenter devant l’opinion publique un tableau globalement favorable de la situation avec un salaire moyen au-dessus de 3000 euros mensuels et en hausse. Il s’agit d’une présentation tronquée que le ministère diffuse de manière malhonnête.

La mise en avant du salaire moyen ne reflète pas l’évolution de la distribution des salaires et permet en particulier de masquer les effets cumulés du recul de l’âge de la retraite du fait des réformes et du vieillissement des populations enseignantes du fait de recrutements peu nombreux. On ne peut pas comparer les rémunérations moyennes de professions sans tenir compte de leur avancée dans la carrière, or celle des enseignant·es est très élevée. Ainsi, cette communication ministérielle s’avère très éloignée des réalités vécues. Elle masque, par exemple, le fait que le premier échelon de la grille indiciaire d’un·e professeur·e certifié·e ou d’un·e professeur des écoles représentait plus de 2 SMIC en 1980 et ne représente plus que 1,04 SMIC à la rentrée 2026, mais aussi que les inégalités salariales y sont une réalité : les femmes sont étonnamment absentes des données statistiques du ministère, de même que les contractuel·les, AED et AESH.

Par ailleurs, l’étude prend un comparatif salarial entre 2023 et 2024 pour conclure à une augmentation de ce salaire moyen. Prendre ces deux années précisément est bien pratique car une augmentation de l’indemnité de suivi des élèves de 100 euros a eu lieu en 2023, cependant ce fut la seule et unique revalorisation indemnitaire qui a concerné tout·tes les enseignant·es. Des augmentations de la valeur du point ont bien eu lieu en 2022 et 2023, mais cela faisait suite à 5 années de gel (le Président Macron est en effet le premier président de la République à ne pas avoir augmenté le point d’indice des fonctionnaires durant tout un quinquennat, son premier, de 2017 à 2022) et en 2024, 2025 et 2026, aucune mesure de revalorisation n’a été prise aussi bien du point de vue indiciaire qu’indemnitaire. Oser titrer que la revalorisation indemnitaire soutient la dynamique du salaire net est tout simplement méprisant.

La dévalorisation de l’image des professions, le décrochage des rémunérations au regard de la qualification et du temps de travail – estimé entre 41 et 44 heures hebdomadaires par le même ministère – sont criants. Il est temps de prendre ce sujet à la hauteur qu’il mérite, notamment face à la crise des recrutements qui perdure.

La journée de grève et de manifestations à laquelle la FSU appelle avec l’ensemble des organisations de la fonction publique le 29 septembre sera l’occasion pour les personnels d’en porter l’exigence.